Depuis Cuba

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La Havane, 22 juillet 1998

LA ABSTENTION ELECTORALE Par Ofelia Nardo Cruz, Cuba Free Press.

Ce que pour d'autres sociétés signifie une preuve des libertés dont bénéficient les citoyens, ici c'est perturber le déroulement des élections et référendums, et mettre l'Etat en danger. Plus d'un Cubain est aujourd'hui en prison à cause de cette action.

La Havane, Cuba Free Press. Le droit à l'abstention dans les soi-disant élections cubaines est répertorié dans les textes de loi, mais il n'autorise pas à inciter d'autres personnes à le faire. Toutefois, dans n'importe quel autre pays, une organisation ou une personne, en particulier, peut le faire sans qu'on l'en empêche, et sans aucune conséquence.

A Cuba, inciter à l'abstention est un délit qui est catalogué dans les délits contre la sécurité de l'Etat. Ce que pour d'autres sociétés signifie une preuve des libertés dont jouissent les citoyens, ici c'est perturber le déroulement des élections et référendums, et mettre l'Etat en danger.

Cette conduite, contenue dans le délit de sédition, est répertoriée dans l'article 100 du Code Pénal qui classe les sanctions selon leur gravité estimée et dit que "ceux qui de façon tumultueuse et après accord expresse ou tacite, en employant la violence, perturbent l'ordre socialiste ou le déroulement d'élections ou référendums... seront punis de : A) D'une peine de prison de 10 à 20 ans, ou de la peine de mort si le délit a été commis en situation de guerre, ou qu'il affecte la sécurité de l'Etat, ou pendant une grave altération de l'ordre public ou dans une zone militaire, avec recours aux armes ou à la violence; B) D'une peine de prison de 10 à 20 ans, si le délit a été commis sans recours aux armes ni à la violence, mais dans l'une des autres circonstances; C) D'une peine de prison de 1 à 8 ans dans tous les autres cas."

Dans la pratique, on emploie la marge laissée dans l'alinéa "C" pour condamner jusqu'à huit ans de prison tous ceux qui ont l'intention "d'entraver les élections" par des appels à l'abstention, ce qui représente une interprétation très large du précepte et une forme qui viole visiblement un droit reconnu aux citoyens du monde civilisé.

Plus d'un Cubain est aujourd'hui en prison à cause de cette action. Des personnes qui considèrent que le système électoral manque de démocratie, ou qui demandent la reconnaissance de plusieurs courants politiques différents de ceux qui existent ici, ou qui voient ce système électoral comme une forme de conserver au pouvoir ceux qui le détiennent depuis plus de trente-huit ans.

Sanctionner tous ceux qui s'abstiennent aux élections, ou qui incitent d'autres à le faire peut sembler illogique pour ceux qui jouissent de la liberté d'expression, de presse et toutes autres libertés consignées dans la Charte Universelle, mais c'est là un pâle exemple de comment sont bafoués les droits du citoyen dans notre pays, et de comment ces violations sont considérées dans l'ordre institutionnel comme des délits communs qui, en étant reconnus comme tels dans le Code Pénal, peuvent être rendus plus sévères - dans une logique floue et abusive - qu'à Cuba il n'y a pas de "délits politiques" et encore moins de prisonniers politiques de cette nature-là.

Ofelia Nardo Cruz, Cuba Free Press.


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