Depuis Cuba

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La Havane, 16 mai 1998.

Répression. Par Ofelia Nardo García, Cuba Free Press.

Bien que le dictionnaire nous apprend que réprimer consiste à faire usage de la violence pour obliger quelqu'un à quelque chose, ou bien arrêter ou contenir de façon coercitive, nous avons entendu dernièrement qu'en diminuant la violence directe et les arrestations, il y a moins de répression à Cuba, voire pas de répression du tout.

Il convient de réfléchir sur le thème pour éviter des interprétations qui, d'après de nombreux avis, sont très loin de la réalité.

Quand un travailleur reçoit l'indication qu'il doit assister à une activité comme celle du défilé du 1er. mai, n'est-ce pas de la répression ? On doit tenir en compte qu'il sait que sa présence lui garantit son travail et les moyens de subsistence de sa famille, et son absence donnera lieu à un licenciement s'il travaille dans une corporation, une entreprise mixte ou nationale qui traite des mouvements en dollars, ou dans un autre centre de quelque catégorie que ce soit.

Quand un travailleur est soumis à des enquêtes périodiques pour déterminer sa conduite politique et ses relations sociales, et qu'il est licencié de son poste si le résultat n'est pas satisfaisant, est-il victime d'une répression, oui ou non ?

Quand on refuse à un travailleur le droit d'accéder aux installations touristiques, bien qu'il possède n'importe quel type de devise, juste parce qu'il est né à Cuba et qu'il y vit , emploie-t-on la coercition ou pas ?

Quand au cours d'une dispute entre adolescents on prend parti contre celui dont la famille est ouvertement opposée au régime qui gouverne le pays, est-ce de la répression ou pas ?

Les lois, pensées, dictées, et appliquées spécialement contre ceux qui manifestent leur désaccord avec ceux qui gouvernent, comme la loi sur l'outrage, article 144 du Code Pénal en vigueur, sont-elles répressives, ou pas ?

Quand on frappe un groupe de jeunes cubains qui défilent pacifiquement dans une rue de Cuba avec un drapeau cubain, pour rendre hommage aux pilotes des "Hermanos Al Rescate" [2 Cessnas du groupe "Freres du Secours" abbatus par l'armée de l'air cubaine en début 1996, Note du Traducteur] abattus en vol, est-ce de la répression, ou pas ?

Quand on instaure une loi qui définit comme "propagande ennemie" et interdit toute manifestation contre le système socialiste et l'ordre établi, avec des peines pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison, comme c'est le cas de l'article 103 du Code Pénal, est-on en présence d'une répression institutionnelle, ou pas ?

Quand on arrête un agriculteur, parce qu'il essaye de faire connaître le résultat de son travail libre sur la terre qu'il occupe, même en invitant les représentants du gouvernement, exerce-t-on la répression, ou pas ?

Ces réalités-là ne sont pas inconnues, le peuple en général en souffre et elles génèrent cette double morale et donc cette absence de manifestations, ce qui rend la violence de moins en moins nécessaire, en d'autres termes, il y a moins de violence non parce qu'il n'y a pas de répression, mais plutôt parce que, bien au contraire, la répression est effective.

Que personne ne se leurre, ni n'essaie de leurrer les autres : la répression est bien ici sur nos têtes.

FIN. par Ofelia Nardo Díaz, Cuba Free Press.


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