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La Havane, 27 avril 1998, Cuba Free Press.

LES LOIS CUBAINES ET LES PERSONNES DU TROISIEME AGE. Par Ofelia Nardo Cruz, Cuba Free Press.

La voie qui dirige et organise un pays, c'est ses lois. Elles peuvent rendre ses citoyens libres ou pas, et elles normalisent les rapports entre les travailleurs, en leur inculquant par quel biais ils pourront acquérir leurs moyens de subsistance ainsi que ceux de leur famille.

Pour ces raisons, l'étude de certains cas extrêmes de la législation du travail conduit plus que n'importe quelle autre analyse à la réalité à laquelle font face ceux qui créent, ceux qui travaillent ou qui ont besoin de travailler et les retraités, c'est à dire, en général, tous les citoyens.

Le jour de la retraite a pour un travailleur une signification spéciale, ou, comme la qualifie la législation cubaine, "la retraite pour des raisons d'âge". Une étude sommaire de ces règles montre qu'un travailleur devra compter avec un minimum de 25 ans de service pour avoir droit à la retraite. Mais, en plus, une femme devra arriver à 55 ans, et un homme à 60 ans, pour qu'une pension leur soit allouée, ce qui correspondra à 50% de la moyenne du salaire annuel, qui sera calculée selon la formule établie par la loi. Dans l'hypothèse d'arriver au nombre d'années de service avant l'âge requis, la personne obtiendra une augmentation de 1% par an, si bien qu'un homme qui commence à travailler à 25 ans, lorsqu'il en aura 60, il aura 35 ans de service et obtiendra 60% du salaire annuel moyen. Si cette personne a une moyenne annuelle de 2400 pesos cubains, qui correspondent à 200 pesos cubains mensuels, elle pourra avoir une pension de 120 pesos cubains mensuels. Mais la même personne, avec un salaire moyen de 4200 pesos cubains annuels, c'est-à dire 350 par mois, comme c'est le cas de travailleurs et de professionnels plus qualifiés, comme les médecins, par exemple, alors elle n'aura que 192 pesos cubains par mois.

En comparant on voit que le moins qualifié, ou celui de moindre salaire, perd 60 pesos cubains de son salaire mensuel moyen, alors que le plus qualifié, ou celui de plus haute rémunération, en perd 158. C'est parce que l'article 176 de la loi citée ci-dessus, établit que pour la moyenne annuelle on tiendra en compte 100% jusqu'à 3000 pesos cubains, et seulement 50% de ce qui excède.

C'est pour ces raisons que les plus qualifiés ou de salaire plus élevé auront paradoxalement une pension défavorisée. Donc en prenant leur retraite ils perdraient plus d'argent par mois que le reste des travailleurs. Ceci est également la raison du caractère exceptionnel des pensions supérieures à 200 pesos cubains pour les retraités cubains.

Ceci permet de se faire une idée de la situation extrêmement difficile des retraités aujourd'hui. En effet, si on prend en compte que les articles de première nécessité ne peuvent être acquis qu'en dollars, et que le change interne est à 19 pesos cubains pour un dollar, on verra que les travailleurs des exemples précédents devraient se contenter de US$ 6 et de US$ 10 par mois respectivement, ce qui indique un état de pauvreté déprimant, et d'un autre côté c'est une des raisons qui incite de nombreux travailleurs actifs à préférer une activité à leur compte, tournant le dos à l'éventualité d'une pension future qui ne les soulagera que peu, voire pas du tout, pendant leur vieillesse.

Les travailleurs qui pendant leur vie active, en plus de travailler, réalisent des actes que le gouvernement, le Parti Communiste, ou les dépendances politiques et militaires considèrent comme héroïques, ont une situation particulière. Ils obtiendront pour cette raison, qui n'a pas forcément un rapport précis avec leur activité professionnelle, une augmentation considérable de leurs pensions en sus des bénéfices que les lois accordent aux militaires et aux autres secteurs.

La situation des retraités cubains est beaucoup plus vaste et considérablement plus complexe, mais il est impossible de tout englober d'un seul coup. Il suffit de dire que si la population en âge de travailler fait face à des moments difficiles, les retraités, pour des raisons évidentes, souffrent encore davantage des crises existantes en ces temps-ci.

FIN par Ofelia Nardo.


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