Depuis Cuba

Distribué Par El Proyecto Cuba Prensa Libre.

La Havane, 17 avril 1998.

LA PROPRIETE SOCIALISTE Par Ofelia Nardo, Cuba Free Press.

Beaucoup de travailleurs cubains, il y a à peu près huit ans, ont fait des démarches ennuyeuses pour effectuer le transfert de propriété du logement qu'ils occupaient de façon légale, par le biais d'un contrat d'achat et de vente, où la Banque Populaire d'Epargne signait par délégation de l'Etat, selon l'article 41 de la loi 65-89, Loi Générale du Logement, et le travailleur devenait débiteur de l'Etat, pour le montant du prix auquel serait estimé son logement, d'après les exigences prévues par la loi.

Le remboursement de cette dette est réglementée dans l'article 43 de la loi 65-89 mentionnée précédemment, et dit que "l'encaissement des mensualités en acompte du prix du contrat d'achat et de vente, sera fait selon les requêtes de la Banque Populaire d'Epargne, par des retenues sur des salaires, rétributions...". Comme on peut le voir, le travailleur est obligé de payer par des retenues, qui logiquement, sont effectuées par le personnel correspondant de l'agence bancaire.

Aujourd'hui, de nombreux travailleurs et d'autres sans-emploi reçoivent des avis d'expulsion pour défaut de paiement.

Ainsi, lorsqu'ils se rendent à l'agence bancaire pour protester, on les informe que, apparemment, le centre de travail n'a pas effectué de virements, et que le seul intérêt de la banque, c'est de récupérer l'argent de la dette rapportée.

Il n'est plus question de la soi-disant "propriété" d'un bâtiment dont on ne peut pas disposer librement, un bien que, même s'il est déclaré votre propriété par un document légal, vous ne pouvez pas l'échanger, ni le céder en cadeau, et encore moins le vendre, sans la permission de l'Etat, car ceci est tout particulièrment interdit, et même des déprédations peuvent s'ensuivre. Maintenant, il est question que le travailleur retraité, ou le sans-emploi, ou un inactif, s'il se retrouve dans cette situation, il devra repayer ce qu'il a déjà payé. La loi fut mise en vigueur il y a neuf ans, et depuis les dettes devaient être liquidées en 15 ans maximum, pour la plupart des logements, or beaucoup n'arrivent pas à 10 ans, mais maintenant dans ce cas-là, on devra recommencer le compte.

Le travailleur a la possibilité de chercher les preuves comme quoi il a bien payé, en cherchant dans son centre de travail les fiches de paie, les retenues, mais il se peut qu'il ne les trouve pas, puisque de nombreux centres de travail ont disparu, et avec eux les fiches de paie, et il peut même découvrir que malgré les retenues, les virements à la banque n'ont jamais été faits. Et le cas le plus probable est que le personnel qui se chargeait de cette activité ne soit plus le même, de toutes façons, il devra payer à nouveau pendant encore quelques années.

Parce que la loi impose et établit le paiement par retenues sur salaires ou d'autres avoirs, mais ne définit pas les responsabilités dans ces cas qui, semble-t-il, ne sont pas si exceptionnels que ça, si bien que le seul responsable et la seule responsabilité bien définie, c'est celle du travailleur.

Dans un ordre juridique comme celui d'un système social établi dans notre pays, il est habituel que l'individu, en particulier, se trouve presque toujours dans une situation de vulnérabilité totale, car il n'existe pas de garantie pour faire des réclamations contre des entités étatisées comme les centres de travail, les banques et même les administrations judiciaires, tout ce que doit endurer le citoyen par manque de défense.

FIN, par Ofelia Nardo, Cuba Free Press.


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